BAZAR D’histoires..

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25 janvier 2009

HEUREUX….

Publié par ederlezi7 dans Non classé

Heureux les imbéciles,

Les fervents et les abstinents

Les pieux

Et les amants de dieu

 *** 

Heureux les saints hommes et les simplets

Les collectionneurs les adorateurs les prêcheurs

Les excités

du chapelet

 * * *

Brebis et benêts

Donnez-moi aujourd’hui

Les joies de la croyance, la paix de l’ignorance,

 

AMEN 

23 janvier 2009

Souvenir d’école (thème des impromptus littéraires)

Publié par ederlezi7 dans Non classé

 

53 fois 5 = 264

Non!

53 fois 5 = 265 !

Je trace un grand 265 et je barre d’un trait mon 264.

Mmouais. L’erreur se voit encore et ça pourrait prêter à confusion…

J’ajoute un gribouillis. C’est plus sûr.

De loin – et même de près – on dirait une mouche écrasée. (Ironie du sort, quand je veux dessiner une mouche je n’y parviens jamais). Je colorie l’intérieur de ma mouche-gribouillis, et j’obtiens … une autre mouche. Plus foncée certes, mais sur un contrôle de maths, je ne suis pas sûre qu’une mouche foncée soit plus à sa place qu’une mouche mouchetée.

Je trouve alors intelligent et même très rusé de transformer la mouche en en un joli rond. C’est ainsi que la mouche devient une tâche, que la tâche devient un pâté et que pour finir, le pâté empiète sur le 265 qui n’avait rien demandé.

Arrggghh.

Branlebas de combat dans ma trousse, je repousse quelques stylos hors d’usage, une demi-douzaine de capuchons orphelins, je farfouille par ici, je farfouille par là, soulève un vieux mouchoir chiffonné…une boucle d’oreille et quelques barrettes….et de ce fatras infernal, j’extirpe enfin mon sauveur, l’ennemi juré de toutes les maîtresses = le « blanc correcteur ».

En l’ouvrant, je fais voler une pluie de particules toutes blanches et toutes sèches : sur moi, sur ma table, par terre et sur mon voisin. °°Bof, je nettoierai après°°. Ou plutôt non, dans une minute j’aurai oublié. Je le sais bien, je me connais.

Mais là, franchement, je m’inquiète pour autre chose : mon plan de secours s’annonce très moyennement opérationnel. Y a qu’à voir ce pauvre pinceau : il est désespérément sec, aussi ébouriffé que moi quand je me réveille. Et je connais l’ topo, le pinceau va faire scrrich scrrich sur le papier sans rien corriger du tout. Je tente donc de le replonger dedans, histoire de ne pas abandonner si près du but. Essayez donc de faire entrer un hérisson dans une boîte d’allumettes et vous aurez une idée de ce que nous endurons lui et moi. Mon petit poing rageur s’énerve, le pinceau aussi (il est plus en pétard que jamais) quand au bout du compte, froissé, tordu, meurtri, ouf! Il est rentré.

Heureusement, secouer c’est plus facile.

flop flop flop. °°J’aime bien ce bruit°°. Flop flop flop flop.

Le pinceau réapparait, noyé dans ce qui devrait être un liquide mais qui en l’occurrence n’est rien d’autre qu’une pâte épaisse et hésitante. Oui, oui, hésitante : on dirait qu’elle se demande si elle doit s’accrocher coûte que coûte ou se laisser couler mollement. Ce n’est pas bon signe mais ça ne m’empêche pas d’étaler consciencieusement l’épaisse mixture sur ma rature. Le blanc se mélange au noir et voilà, j’ai enfin réussi une parfaite …fiente de pigeon. Beurk.

J’en remets une couche.

Sans étaler cette fois.

Et je souffle.

Une fois,

deux fois,

puis dix, puis quinze

Aaaah! C’est blanc de blanc cette fois! Volumineux, granuleux, mais blanc. Et ça ne sèche toujours pas. Apparemment, 5 millimètres de pâte correctrice, ça sèche pas si vite que ça.

Allez tanpis! je pose l’opération suivante parce que dans tout ça, j’ai perdu 10 précieuses minutes.

256

- 67 ….

———–

Arrggggghhhh ! ! ! ! ! ! Meerdeu !

Je dis merde dans ma tête. Dans ma tête, j’ai le droit et je ne m’en prive pas. Je vois pas pourquoi les enfants n’auraient pas le droit de se défouler aux aussi. Surtout quand leur main gauche vient de ratisser un camouflage bâti à la sueur de leur front !

Il paraît que j’ai de la chance de ne pas être une « gauchère contrariée ». Comme si c’était pas « contrariant » de toujours faire attention à ne pas passer sa main sur ce qu’on vient d’écrire.

En attendant, le blanc s’est imprimé sur ma peau alors que sur le papier réapparaît…. ben oui, la fiente. Encore plus visible et plus vilaine que tout à l’heure. Mais à la réflexion, elle se marie assez bien avec les traînées grises que ma maudite main gauche a parsemé un peu partout sur mon cahier.

Alors contrariée, je crois que je le suis. Et pas qu’un peu. Et le merdeu que j’ai pensé très fort, je crois que je ne l’ai pas volé. D’ailleurs, j’ai bien fait, parce que maintenant que je me suis fâchée, ce qui m’avait échappé jusque là s’impose à moi très, très calmement :

Les chiffres, les opérations, les plus, les moins et tout le tralalala, j’aime pas, mais alors, vraiment pas. Ca me donne le cafard et la migraine en même temps.

Alors à quoi ça sert de se faire des cheveux blancs, à 8 ans, pour une matière aussi pénible ? Hein, franchement ?

En fait, il serait peut être temps que je devienne une gauchère un peu moins contrariée… m’en vais contrarier les droitiers, tiens. Laisser tomber les maths et le soin, ça me semble être un bon début….

17 janvier 2009

Dans les étoiles,,, (thème des impromptus littéraires)

Publié par ederlezi7 dans Non classé

L’année de mes sept ans, j’avais raconté dans une rédaction que je voulais être « marchand d’étoiles ». Un métier qui n’existait pas encore mais que je me proposais d’inventer « pour le monde entier, » disais-je, « mais surtout pour ma maman, qui les contemple souvent. Elle les regarde tristement, comme si elle se sentait trop loin d’elles. Bientôt, je redonnerai le sourire à ma maman ».

Abonné aux mauvaises notes, la honte m’avait fait découvrir que l’encre rouge de la maîtresse pouvait colorer mes joues aussi bien que le papier. Ca se passait toujours de la même manière. La honte déferlait sur moi comme une vague brûlante et tel un volcan en éruption, je tentais tant bien que mal de retenir les larmes qui se penchaient au bord de mes yeux.

Ce jour là cependant, les lettres rouges de la maîtresse me montèrent aux joues aussi doucement qu’une caresse :

« Voici un bien joli métier! Le monde aura toujours besoin de tes étoiles pour soulager ses peines… » Elle avait ajouté en plus petit, comme une confidence soufflée à l’oreille : « le petit prince serait fier de toi »

Cette allusion à mon héros préféré m’avait transporté de joie. En guise de remerciement – et peut-être aussi pour la charmer tout à fait – je décidai d’aller trouver la maîtresse pour lui révéler l’ultime secret de mes grandes ambitions :

« C’est grâce à ma sœur Jeanne. Elle va devenir la plus grande cosmonaute du monde. C’est elle qui me ramènera les étoiles. On a conclu un accord, elle n’en donnera qu’à moi parce qu’il ne faut pas beaucoup d’étoiles pour illuminer le monde : une étoile peut illuminer jusqu‘à 3 régions environ, à condition de l’accrocher très haut, sur un clocher par exemple. Et donc, pour ne pas gaspiller les étoiles, il n’y aura qu’un marchand d’étoiles. Et ce sera moi »

Après quoi j’ajoutai d’un ton plus bas, le plus solennellement possible :

« Ne le dites à personne, mais ma sœur a un don, c’est la seule personne du monde qui peut décrocher une étoile sans l’éteindre »

La vie scintilla ce jour-là et elle continua de scintiller tant qu’il y eut dans le ciel des étoiles et dans ma tête l’espoir de les toucher un jour. Un espoir qui mourut malheureusement bien vite, très exactement cinq lunes après que la bannière allemande eut commencé à assombrir le ciel parisien.Ce soir là, je revenais de l’école d’un bon pas, ainsi que m‘y obligeait ma mère, une femme merveilleusement douce qui avait peur de tout : de la guerre, de la maladie, de la mort, de l’ennui et surtout de me perdre. Je me trouvais à quelques pas du soulagement maternel lorsque je surpris un officier en train de brandir une étoile. Pas une du ciel, non, une « horrible étoile jaune », comme disait mon père.

L’homme-uniforme secouait très fort une toute petite dame, en vociférant dans un drôle de français la plus ridicule accusation qu’il m’eut été donné d’entendre :

« Vous ne portez pas l’étoile! Il faut porter l’étoile! »

Plus sûrement que la brutalité du soldat, plus sûrement que la peine que m’inspirait le sort de cette pauvre femme, ce fût mon amour des étoiles qui me poussa à la faute et fit voler en éclats toute ma peur du képi allemand :

« Elle a raison! Cette « étoile » est une très mauvaise imitation des vraies! D’ailleurs les étoiles ne sont pas jaunes, elles n’ont pas de couleur! Elles brillent, c’est tout. La vôtre, on croirait qu’elle capture la lumière au lieu de la répandre. Votre étoile fait peur alors que les étoiles ne sont pas faites pour faire peur. Moi je veux être marchand d’étoiles et ce n’est pas pour voler la lumière dans les yeux des gens. Ce n’est pas pour les obliger à se cacher dans des greniers! »

Dès que j’eus prononcé ces paroles, une vague de honte me gagna tout entier. J’étais rouge et brûlant de la tête aux pieds. Je risquai malgré tout une œillade sur les joues de mon adversaire. Pas de rouge-colère, pas de rouge-rage, pas de rouge du tout. L’officier était aussi blanc qu’avant et il me pria, dans un français toujours aussi étrange mais beaucoup plus doucement, de m’en retourner chez mes parents : 

« Ils t’attendent sûrement, mon petit ».

Amateur de contes, je savais que les loups les plus dangereux ne sont pas ceux qui grognent, mais ceux qui sourient. A l’époque, je m’étonnais d’ailleurs de voir autant de soi-disant « héros » tomber dans le piège. Comment diable le petit chaperon rouge a-t-il pu croire que le loup était inoffensif? Je compris bientôt qu’en écrivant cette sombre histoire, la vie m’avait donné la réponse : il suffit de goûter dans l’ordre la peur d’être dévoré puis l’espoir d’y échapper, pour avaler des mensonges gros comme la lune.

Quant à la preuve que le loup était bien un véritable le loup, elle me parvint le lendemain. La rafle a tué mon père ainsi que les sept personnes qu’il cachait dans le grenier.

De ce drame, j’ai retenu deux choses importantes. D’abord, que ma sœur Jeanne ne me ramènerait jamais d’étoiles. Pas pour me punir d’avoir tué notre père, mais parce qu’avec un chagrin aussi lourd à porter, il était évident qu’elle ne pourrait jamais s’envoler dans l’espace. La deuxième, c’est que je ne devais plus jamais parler : ma bêtise était trop dangereuse.

Pendant longtemps, L’adulte que je devins ne changea pas d’avis. Ombre parmi les ombres, j’avais renoncé à mes rêves d’enfants dans l’espoir vain que cela suffirait à expier ma faute. Mais en me refusant aux étoiles, j’avais sous estimé le lien mystérieux qui nous unissait depuis toujours. Le ciel m’envoya la plus belle de toutes un soir de décembre. Elle avait des yeux noirs, profonds comme l’infini. Aussi gracieuse et légère qu’un papillon, elle s’était posée sur mon cœur silencieux. Elle s’appelait Rose, elle était danseuse étoile..

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Amelie Lallement |
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