BAZAR D’histoires..

21 décembre 2008

…JOACHIM ANDERSEN EST MORT…

Publié par ederlezi7 dans Non classé

« Ce matin, Joachim Andersen est mort… trente-trois ans.ne laisse derrière lui ni femme, ni enfant »

Avant qu’on entende ça, je peux vous dire que cétait un matin ordinaire.

Je venais de payer la tournée. La dernière avant midi, c’est celle du patron, c’est comme ça depuis des années. Y avait le facteur avec sa foutue besace remplie de factures et tous les copains, Tom, Ed, Andrew, Joe et bien sûr, dans son coin, « Le quotidien » qui grognait les nouvelles du jour de sa veille voix caverneuse, ce quil fait immanquablement entre 10h et 12h, ne s’arrêtant qu’au dernier mot de la dernière page. Doù son surnom, « le quotidien ».

Pour vous dire la vérité, le quotidien on laime bien mais on lécoute pas beaucoup. Juste un peu par bribes : un bout par ci, un morceau par là, quand cest audible du reste. Je reconnais que son baratin, ça nous empêche pas de parler dans notre coin, sauf qu’il sen fout bien, il sarrête pas non plus de lire pour nous écouter…  Alors allez savoir pourquoi ce matin, alors quavec les copains on se marrait bien, quon avait strictement rien entendu des cours de la bourse, de Barack Obama, des vivants en grève ou des morts à Gaza, on sest arrêtés juste quand il a dit ça :

« Ce matin, Joachim Andersen est mort ».

 Depuis, je me dis qu’il aurait suffi dun éclat de rire de plus, dune seule exclamation de lun ou de lautre pour passer à côté. A croire que le silence avait choisi de tomber juste à ce moment là…

Cest vrai quil men avait parlé un jour, le vieux Tom. Il mavait dit quil avait un fils et quil ne lavait pas revu, apparemment depuis un bail. Moi qui suis pas très doué pour parler avec finesse de ce qui est sérieux ou de ce qui fait mal, je lai pas vraiment poussé à développer à ce moment là… je me suis lâchement contenté de faire ce quun patron de bar sait faire : lui servir de quoi noyer son chagrin.

Et j’ai continué, tous les jours, des années, des tournées, et des tournées..

Résultat, aujourdhui, je suis incapable de vous raconter ce qui sest passé entre le père et le fils, au temps où le vieux Tom ne hantait pas encore mon bar. De même que je suis incapable de vous expliquer pourquoi il avait son arme ce matin, vu quil avait décidé de plus jamais sen servir le jour où il avait vu ses mains trembler…   Je men souviens très bien : « Suis pas cinglé » il avait dit, « jai pas envie de buter le premier qui passe, je suis trop vieux pour ces trucs là ».

Je crois que enfin …peut-être il allait la vendre. Il en avait parlé une fois…

Mais passer l’arme à gauche, je pensais pas que c’était dans ses projets

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