BAZAR D’histoires..

22 novembre 2008

Cours de positivisme / Cas pratique n°1

Publié par ederlezi7 dans Non classé

Libérez votre esprit de son addiction au malheur, acceptez de voir les choses sous un angle optimiste.  

Exemple :

Le chien qui vient de vous déchiqueter le bras n’est pas forcément la brute abjecte qu’il semble être de prime abord. Envisagé différemment, ce pourrait être la main charitable qui vous a sauvé in extremis d’une mort atroce. Pouvez-vous prouver de manière irréfutable que nous ne vous apprétiez pas à périr sous les roues d’un chauffard ivre, au moment où le chien a surgi sur votre route? Pouvez-vous l’affirmer avec certitude?

Non. 

Donc, essayez plutôt de visualiser la scène macabre que vous a épargné le chien. Détaillez les badauds rassemblés autour de votre dépouille, cet amas grotesque et désordonné, de grands et de gros, de chauves et de boutonneux, tous inexplicablement attirés par l’odeur, l’âcre fumée de fer, les relans de sang ; leurs yeux se promènent sur l’horreur, mais dans la foule personne ne vous pleure, personne ne souhaite voir se réveiller le cadavre difforme et sanglant que vous êtes devenu…. Et comme vous n’êtes plus, vous ne pourrez plus vous défendre de ce qu’ils vont faire de vos restes : pour celui-ci, le fait divers qui meublera la conversation entre Plus belle la vie et Thalassa, pour celle-là l’excuse pitoyable qu’elle bafouillera à celui qui la dégoûte mais qu’elle n’ose pas quitter ( « après ce que j’ai vu, tu vois, j’ai pas vraiment envie »…) . . .  

C’est ça, la version sans pittbull.

Après vous en être soigneusement imprégné, les plaies que vous considériez avec rancoeur et dégoût vous sembleront un peu moins disgrâcieuses, et chose incroyable, vous aimerez les bêtes d’un amour sincère. 

Mais si votre esprit dénaturé par des années de cynisme fait de la résistance, songez à présent aux individus qui paient cher et tolèrent fièrement d’horribles souffrances POUR se faire raturer le corps. Songez aux tatoués, qui appellent la souffrance de leurs voeux pour connaître l’ivresse de la mutilation. D’un point de vue esthétique, morsure ou tatouage, c’est à peu près la même chose. Certes. Mais Vous, vous êtes une victime courageuse, pas un inquiétant masochiste qui jette l’argent par les fenêtres. La différence, c’est Vous. La différence, c’est votre incontestable supériorité morale. 

Conclusion, soyez fier de ce que vous êtes : un être sain, équilibré et puisque vous êtes très chanceux, un veinard protégé par la race canine.

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