BAZAR D’histoires..

25 janvier 2009

HEUREUX….

Publié par ederlezi7 dans Non classé

Heureux les imbéciles,

Les fervents et les abstinents

Les pieux

Et les amants de dieu

 *** 

Heureux les saints hommes et les simplets

Les collectionneurs les adorateurs les prêcheurs

Les excités

du chapelet

 * * *

Brebis et benêts

Donnez-moi aujourd’hui

Les joies de la croyance, la paix de l’ignorance,

 

AMEN 

23 janvier 2009

Souvenir d’école (thème des impromptus littéraires)

Publié par ederlezi7 dans Non classé

 

53 fois 5 = 264

Non!

53 fois 5 = 265 !

Je trace un grand 265 et je barre d’un trait mon 264.

Mmouais. L’erreur se voit encore et ça pourrait prêter à confusion…

J’ajoute un gribouillis. C’est plus sûr.

De loin – et même de près – on dirait une mouche écrasée. (Ironie du sort, quand je veux dessiner une mouche je n’y parviens jamais). Je colorie l’intérieur de ma mouche-gribouillis, et j’obtiens … une autre mouche. Plus foncée certes, mais sur un contrôle de maths, je ne suis pas sûre qu’une mouche foncée soit plus à sa place qu’une mouche mouchetée.

Je trouve alors intelligent et même très rusé de transformer la mouche en en un joli rond. C’est ainsi que la mouche devient une tâche, que la tâche devient un pâté et que pour finir, le pâté empiète sur le 265 qui n’avait rien demandé.

Arrggghh.

Branlebas de combat dans ma trousse, je repousse quelques stylos hors d’usage, une demi-douzaine de capuchons orphelins, je farfouille par ici, je farfouille par là, soulève un vieux mouchoir chiffonné…une boucle d’oreille et quelques barrettes….et de ce fatras infernal, j’extirpe enfin mon sauveur, l’ennemi juré de toutes les maîtresses = le « blanc correcteur ».

En l’ouvrant, je fais voler une pluie de particules toutes blanches et toutes sèches : sur moi, sur ma table, par terre et sur mon voisin. °°Bof, je nettoierai après°°. Ou plutôt non, dans une minute j’aurai oublié. Je le sais bien, je me connais.

Mais là, franchement, je m’inquiète pour autre chose : mon plan de secours s’annonce très moyennement opérationnel. Y a qu’à voir ce pauvre pinceau : il est désespérément sec, aussi ébouriffé que moi quand je me réveille. Et je connais l’ topo, le pinceau va faire scrrich scrrich sur le papier sans rien corriger du tout. Je tente donc de le replonger dedans, histoire de ne pas abandonner si près du but. Essayez donc de faire entrer un hérisson dans une boîte d’allumettes et vous aurez une idée de ce que nous endurons lui et moi. Mon petit poing rageur s’énerve, le pinceau aussi (il est plus en pétard que jamais) quand au bout du compte, froissé, tordu, meurtri, ouf! Il est rentré.

Heureusement, secouer c’est plus facile.

flop flop flop. °°J’aime bien ce bruit°°. Flop flop flop flop.

Le pinceau réapparait, noyé dans ce qui devrait être un liquide mais qui en l’occurrence n’est rien d’autre qu’une pâte épaisse et hésitante. Oui, oui, hésitante : on dirait qu’elle se demande si elle doit s’accrocher coûte que coûte ou se laisser couler mollement. Ce n’est pas bon signe mais ça ne m’empêche pas d’étaler consciencieusement l’épaisse mixture sur ma rature. Le blanc se mélange au noir et voilà, j’ai enfin réussi une parfaite …fiente de pigeon. Beurk.

J’en remets une couche.

Sans étaler cette fois.

Et je souffle.

Une fois,

deux fois,

puis dix, puis quinze

Aaaah! C’est blanc de blanc cette fois! Volumineux, granuleux, mais blanc. Et ça ne sèche toujours pas. Apparemment, 5 millimètres de pâte correctrice, ça sèche pas si vite que ça.

Allez tanpis! je pose l’opération suivante parce que dans tout ça, j’ai perdu 10 précieuses minutes.

256

- 67 ….

———–

Arrggggghhhh ! ! ! ! ! ! Meerdeu !

Je dis merde dans ma tête. Dans ma tête, j’ai le droit et je ne m’en prive pas. Je vois pas pourquoi les enfants n’auraient pas le droit de se défouler aux aussi. Surtout quand leur main gauche vient de ratisser un camouflage bâti à la sueur de leur front !

Il paraît que j’ai de la chance de ne pas être une « gauchère contrariée ». Comme si c’était pas « contrariant » de toujours faire attention à ne pas passer sa main sur ce qu’on vient d’écrire.

En attendant, le blanc s’est imprimé sur ma peau alors que sur le papier réapparaît…. ben oui, la fiente. Encore plus visible et plus vilaine que tout à l’heure. Mais à la réflexion, elle se marie assez bien avec les traînées grises que ma maudite main gauche a parsemé un peu partout sur mon cahier.

Alors contrariée, je crois que je le suis. Et pas qu’un peu. Et le merdeu que j’ai pensé très fort, je crois que je ne l’ai pas volé. D’ailleurs, j’ai bien fait, parce que maintenant que je me suis fâchée, ce qui m’avait échappé jusque là s’impose à moi très, très calmement :

Les chiffres, les opérations, les plus, les moins et tout le tralalala, j’aime pas, mais alors, vraiment pas. Ca me donne le cafard et la migraine en même temps.

Alors à quoi ça sert de se faire des cheveux blancs, à 8 ans, pour une matière aussi pénible ? Hein, franchement ?

En fait, il serait peut être temps que je devienne une gauchère un peu moins contrariée… m’en vais contrarier les droitiers, tiens. Laisser tomber les maths et le soin, ça me semble être un bon début….

17 janvier 2009

Dans les étoiles,,, (thème des impromptus littéraires)

Publié par ederlezi7 dans Non classé

L’année de mes sept ans, j’avais raconté dans une rédaction que je voulais être « marchand d’étoiles ». Un métier qui n’existait pas encore mais que je me proposais d’inventer « pour le monde entier, » disais-je, « mais surtout pour ma maman, qui les contemple souvent. Elle les regarde tristement, comme si elle se sentait trop loin d’elles. Bientôt, je redonnerai le sourire à ma maman ».

Abonné aux mauvaises notes, la honte m’avait fait découvrir que l’encre rouge de la maîtresse pouvait colorer mes joues aussi bien que le papier. Ca se passait toujours de la même manière. La honte déferlait sur moi comme une vague brûlante et tel un volcan en éruption, je tentais tant bien que mal de retenir les larmes qui se penchaient au bord de mes yeux.

Ce jour là cependant, les lettres rouges de la maîtresse me montèrent aux joues aussi doucement qu’une caresse :

« Voici un bien joli métier! Le monde aura toujours besoin de tes étoiles pour soulager ses peines… » Elle avait ajouté en plus petit, comme une confidence soufflée à l’oreille : « le petit prince serait fier de toi »

Cette allusion à mon héros préféré m’avait transporté de joie. En guise de remerciement – et peut-être aussi pour la charmer tout à fait – je décidai d’aller trouver la maîtresse pour lui révéler l’ultime secret de mes grandes ambitions :

« C’est grâce à ma sœur Jeanne. Elle va devenir la plus grande cosmonaute du monde. C’est elle qui me ramènera les étoiles. On a conclu un accord, elle n’en donnera qu’à moi parce qu’il ne faut pas beaucoup d’étoiles pour illuminer le monde : une étoile peut illuminer jusqu‘à 3 régions environ, à condition de l’accrocher très haut, sur un clocher par exemple. Et donc, pour ne pas gaspiller les étoiles, il n’y aura qu’un marchand d’étoiles. Et ce sera moi »

Après quoi j’ajoutai d’un ton plus bas, le plus solennellement possible :

« Ne le dites à personne, mais ma sœur a un don, c’est la seule personne du monde qui peut décrocher une étoile sans l’éteindre »

La vie scintilla ce jour-là et elle continua de scintiller tant qu’il y eut dans le ciel des étoiles et dans ma tête l’espoir de les toucher un jour. Un espoir qui mourut malheureusement bien vite, très exactement cinq lunes après que la bannière allemande eut commencé à assombrir le ciel parisien.Ce soir là, je revenais de l’école d’un bon pas, ainsi que m‘y obligeait ma mère, une femme merveilleusement douce qui avait peur de tout : de la guerre, de la maladie, de la mort, de l’ennui et surtout de me perdre. Je me trouvais à quelques pas du soulagement maternel lorsque je surpris un officier en train de brandir une étoile. Pas une du ciel, non, une « horrible étoile jaune », comme disait mon père.

L’homme-uniforme secouait très fort une toute petite dame, en vociférant dans un drôle de français la plus ridicule accusation qu’il m’eut été donné d’entendre :

« Vous ne portez pas l’étoile! Il faut porter l’étoile! »

Plus sûrement que la brutalité du soldat, plus sûrement que la peine que m’inspirait le sort de cette pauvre femme, ce fût mon amour des étoiles qui me poussa à la faute et fit voler en éclats toute ma peur du képi allemand :

« Elle a raison! Cette « étoile » est une très mauvaise imitation des vraies! D’ailleurs les étoiles ne sont pas jaunes, elles n’ont pas de couleur! Elles brillent, c’est tout. La vôtre, on croirait qu’elle capture la lumière au lieu de la répandre. Votre étoile fait peur alors que les étoiles ne sont pas faites pour faire peur. Moi je veux être marchand d’étoiles et ce n’est pas pour voler la lumière dans les yeux des gens. Ce n’est pas pour les obliger à se cacher dans des greniers! »

Dès que j’eus prononcé ces paroles, une vague de honte me gagna tout entier. J’étais rouge et brûlant de la tête aux pieds. Je risquai malgré tout une œillade sur les joues de mon adversaire. Pas de rouge-colère, pas de rouge-rage, pas de rouge du tout. L’officier était aussi blanc qu’avant et il me pria, dans un français toujours aussi étrange mais beaucoup plus doucement, de m’en retourner chez mes parents : 

« Ils t’attendent sûrement, mon petit ».

Amateur de contes, je savais que les loups les plus dangereux ne sont pas ceux qui grognent, mais ceux qui sourient. A l’époque, je m’étonnais d’ailleurs de voir autant de soi-disant « héros » tomber dans le piège. Comment diable le petit chaperon rouge a-t-il pu croire que le loup était inoffensif? Je compris bientôt qu’en écrivant cette sombre histoire, la vie m’avait donné la réponse : il suffit de goûter dans l’ordre la peur d’être dévoré puis l’espoir d’y échapper, pour avaler des mensonges gros comme la lune.

Quant à la preuve que le loup était bien un véritable le loup, elle me parvint le lendemain. La rafle a tué mon père ainsi que les sept personnes qu’il cachait dans le grenier.

De ce drame, j’ai retenu deux choses importantes. D’abord, que ma sœur Jeanne ne me ramènerait jamais d’étoiles. Pas pour me punir d’avoir tué notre père, mais parce qu’avec un chagrin aussi lourd à porter, il était évident qu’elle ne pourrait jamais s’envoler dans l’espace. La deuxième, c’est que je ne devais plus jamais parler : ma bêtise était trop dangereuse.

Pendant longtemps, L’adulte que je devins ne changea pas d’avis. Ombre parmi les ombres, j’avais renoncé à mes rêves d’enfants dans l’espoir vain que cela suffirait à expier ma faute. Mais en me refusant aux étoiles, j’avais sous estimé le lien mystérieux qui nous unissait depuis toujours. Le ciel m’envoya la plus belle de toutes un soir de décembre. Elle avait des yeux noirs, profonds comme l’infini. Aussi gracieuse et légère qu’un papillon, elle s’était posée sur mon cœur silencieux. Elle s’appelait Rose, elle était danseuse étoile..

21 décembre 2008

Embauche

Publié par ederlezi7 dans Non classé

- Monsieur Noel je suppose ??

- Monsieur… le directeur ?

Il avait été sur le point de s’arrêter à « monsieur », jugeant que c’était bien suffisant pour l’hurluberlu qui se tenait devant lui. Par miracle, il s’était promptement rattrapé quand l’improbable lui était apparu : planté sur une écharpe bariolée, un badge rectangulaire, classique, sans aucune fioriture, sur lequel on pouvait lire :  J-E Hubert, Directeur général.

Voilà. Il ne s’est pas démonté. Il a bel et bien réussi à prononcer un « Monsieur » et à bafouiller un « le directeur », à cet homme coiffé d’une perruque rose, perché sur des souliers à talons, à cet étrange personnage qui lui susurre à présent d’une voix obséquieuse :

- Bienvenuuuue monsieur Noel ! C’est pour l’entretien n’est-ce pââs ? Parfait parfait parfait… je suis sûûûr que nous allons bien nous amuser …

Au milieu des moquettes grises et des murs beiges, sous les néons parfaitement droits et froids du couloir, cet homme semble à peu près aussi inadéquat qu’un chandelier louis XIV sur une commode IKEA. Mais burlesque ou pas, cet homme a un badge, autrement dit le pouvoir de lui donner un job, dit encore autrement, le pouvoir de remettre à sa place le crétin de banquier qui lui a refusé un prêt.

Ne pas se démonter.

« S’amuser » il a dit. Côté divertissement, ça commence plutôt pas mal, avec le déguisement. A quoi doit-il s’attendre maintenant? Lui faudra-t-il à son tour se rendre amusant? Que devra-t-il faire pour séduire cet homme? Danser la carmagnole à cloche pied sur le bureau? …..

- Hé oh, monsieur Noel??? Le gredin, il a déjà perdu le fil… Oui, je vous disais donc… savez-vous danser la carmagnole?

C’est pas vrai. Non, dîtes moi que je rêve.

Pas de chaise. Pas de bureau. Une salle vide. Au milieu, rien d’autre qu’Hubert qui se trémousse, qui sourit niaisement, en prononçant l’incroyable question.

Ne pas se démonter. Jouer franc-jeu.

- Non. Monsieur , non je ne sais pas danser la …carmagnole. En fait, je..je pensais que nous allions….

- …faire l’inventaire de toutes vos compétences, réelles et imaginaires? Jouer la scène du courageux lèche-bottes se lançant à l’assaut de l’inaccessible patron? Réjouissez-vous très cher, je vous ferai grâce de ces pitreries d’intellectuels rabougris! Les boniments d’usage, les conventions oratoires, tout ça c’est d’un autre âge!

Alors dites moi, la salsa peut-être? La tectonique? Allons mon cher, lancez-vous… dansez votre vie! Voilà, c’est ça, Dansez votre vie

Je n’y crois pas. Je vais me réveiller. C’est un rêve. C’est…

- …un rituel de passage voyez-vous, pas une blague comme vous semblez le penser. Voyez là-bas, cette jeune femme.

Au bout d’un doigt boudiné tapotant la vitre, il la voit.

- C’est Rose. Elle est assistante de marketing. Une vraie lionne, elle ne rate jamais un contrat. Eh bien Rose s’est présentée en janvier avec un CV intéressant, mais si elle est ici, c’est uniquement parce qu’elle a su se distinguer des autres. Son potentiel s’est révélé lors d’une somptueuse interprétation de la danse des canards! Comprenez-moi… dans un monde saturé de CV intéressants, c’est l’audace qui fait la différence…

Il l’examine de nouveau dans l’interstice des stores, cette femme qui a décroché le gros lot en faisant « coin coin » Il est soulagé de constater qu’elle semble s’en être sortie sans séquelles…

Elle est même plutôt jolie….

Couic. Les stores se ferment.

C’est mon tour. Rose ne me verra pas, les stores sont fermés. Ne pas se démonter. Y a un job à la clé. La déconfiture de l’arrogant banquier. Je ne sais pas danser. Ne pas se démonter. Ne pas se démonter! Rose à la clé! C’est parti!

Visage fermé, biceps tendus, il ouvre la danse dans un grognement de lion. Et PAM! ET PAM! Changement de côté, et Pam! et Pam!Hubert ne rit plus, il est terrifié. Il voudrait s’échapper mais il est coincé. Recroquevillé, dans ses petits souliers, il tente de se rattraper :

- Arrêtez.. Arrêtez… je vais vous expliquer….

Mais l’autre s’agite d’autant plus. Maintenant qu’il a commencé, il ne se laissera pas intimider.

Il faut en rajouter. Un poste à la clé. T’en veux de l’audace, Hub?

Et pam ! Et Vlam! Et PAM PAM PAM!

- HUBERT!! ! Mais enfin, qu’est-ce que cela signifie?! !!

-MONSIEUR LE DIRECTEUR! Je lui ai dit… que vous étiez en retard…. Qu’il devait patienter… je ne comprends pas pourquoi il s’est agité… Décidément…

- Oui, décidément. Très bien Hubert, dans ces conditions… vous semblez être, à mon grand regret, le seul candidat pour ce poste. Vous l’avez, votre promotion, Hubert. A présent, je vous prie de raccompagner ce…monsieur.

- QUOI???? Espèce de crétin à plumes!!! Immonde imposteur!!! Connard!

- Je crains qu’il ne me faille appeler la sécurité monsieur le directeur, danser la HACKA ne relève pas à proprement parler d’un comportement dangereux, mais puisqu’il commence à m’injurier…

- Eh bien faîtes, Hubert, faites. Mais de grâce, ôtez cet accoutrement, il n’y aura pas d’autre soirée costumée, je vous l’ai dit. L’essai d’hier fût un désastre.

21 décembre 2008

JE SAIS TOUT

Publié par ederlezi7 dans Non classé

« Je sais tout  »

Pas de nom, pas de numéro. C’est possible ça?

« Je sais tout »  

Ben tiens!! Et moi je peux me transformer en cuvette de chiote dans la seconde si ça me chante. Tu sais tout, hein? Ben moi, je peux tout! Par exemple, là tout de suite, je peux me rendormir sans problème, sans accorder une seule petite pensée au pauvre type rongé d’ennui qui veut m’empêcher de dormir. Je peux afficher une indifférence parfaite. La simplicité est une arme redoutable pour les tordus de ton espèce. Je peux dormir. Epatant, non? Allez, bon vent connard! Bien essayé…

…..

…..

Je peux dormir

….

Je peux dormir, pauvre con!

….

Et puis c’est quoi ce message qui se la joue flippant, genre « je te vois, je t’observe, JE TE TIENS. »

Affligeant.

Ridicule.

- Kesquiya? Qu’esta à bouger comme ça? 

- Pardon ma puce, j’ai du mal à dormir c’est tout. J’vais aller fumer une clope, t’occupe, dors. 

- mmmm 

Et hop! elle dort.

Elle sait se rendormir tout de suite ma femme. Elle a toujours su faire ça. Elle doit dormir, elle dort. Elle doit se réveiller, elle se réveille. C’est tout. Ma femme, c’est ça. La capacité de faire un tas de trucs avec une facilité déconcertante.

Par exemple, Elle sait chanter. Je veux dire, elle, quand elle chante, les enfants s’arrêtent de parler, ils l’écoutent religieusement, et sur leur frimousse d’anges happés par la grâce, on voit se dessiner le sourire béat de celui qui a vu la vierge. Je ne peux que m’incliner et admirer. 

Moi quand je chante, les enfants font un maximum de bruit pour couvrir le son de ma voix.

Moi, j’ai pas appris à chanter. Je chante pas, j’écoute. J’écoute Bach qui lui non plus ne chante pas. D’ailleurs Bach, c’est la preuve qu’on peut émouvoir sans chanter.

Emouvoir. Ca aussi elle sait faire ma femme. Elle peut transformer un flic aigri en bisounours, comme ça, d’un sourire, d’une mimique, d’un simple regard. Et quand elle veut, elle peut faire peur. Pareil, juste avec ses yeux. Ce qui me rappelle que moi, pour éloigner le chat qui étripait la poubelle ce matin, j’ai du crier, taper du pied… pour finalement abandonner toute négociation, trancher une bonne fois pour toutes et descendre cette foutue poubelle. Parce que moi, je fais pas peur, même pas à ce con de chat.

Heureusement que j’ai ma femme. Elle, elle sait tout.

Elle sait tout.

ELLE SAIT TOUT!!!

- mmm….. QUOI? …. Aie!! pourquoi tu me pinces? 

- Pourquoi t’as fait ça?? 

- Quoi? Mais qu’est-ce que j’ai fait?

- Ce message, pourquoi t’avais besoin de m’envoyer un message comme ça?? Tu crois que je me sens pas assez minable comme ça, hein? Il faut que t’en rajoutes c‘est ça? 

- Quoi? Mais tu délires, qu’est-ce qui te prend à la fin?!! 

- Le message. «  je sais tout ». Quand t’es allée aux toilettes tout à l’heure, t’as envoyé un message, non?

- Fred, à ce moment là, la seule chose que j’aie envoyé, c’est ma pisse dans les égouts, c’est assez clair comme ça? Mais vas-y explique, je suis curieuse de savoir ce qui t’oblige à me persécuter à une heure du matin! 

- Menteuse 

- Fred, pour la dernière fois, arrête ça 

- Tu es vicieuse, tordue… je l’ai toujours su.. Eh! où tu vas? 

Claquement de porte, sec et sans appel. Le téléphone s’allume. Cette fois, il m’achève :

« Je te quitte. »

21 décembre 2008

…JOACHIM ANDERSEN EST MORT…

Publié par ederlezi7 dans Non classé

« Ce matin, Joachim Andersen est mort… trente-trois ans.ne laisse derrière lui ni femme, ni enfant »

Avant qu’on entende ça, je peux vous dire que cétait un matin ordinaire.

Je venais de payer la tournée. La dernière avant midi, c’est celle du patron, c’est comme ça depuis des années. Y avait le facteur avec sa foutue besace remplie de factures et tous les copains, Tom, Ed, Andrew, Joe et bien sûr, dans son coin, « Le quotidien » qui grognait les nouvelles du jour de sa veille voix caverneuse, ce quil fait immanquablement entre 10h et 12h, ne s’arrêtant qu’au dernier mot de la dernière page. Doù son surnom, « le quotidien ».

Pour vous dire la vérité, le quotidien on laime bien mais on lécoute pas beaucoup. Juste un peu par bribes : un bout par ci, un morceau par là, quand cest audible du reste. Je reconnais que son baratin, ça nous empêche pas de parler dans notre coin, sauf qu’il sen fout bien, il sarrête pas non plus de lire pour nous écouter…  Alors allez savoir pourquoi ce matin, alors quavec les copains on se marrait bien, quon avait strictement rien entendu des cours de la bourse, de Barack Obama, des vivants en grève ou des morts à Gaza, on sest arrêtés juste quand il a dit ça :

« Ce matin, Joachim Andersen est mort ».

 Depuis, je me dis qu’il aurait suffi dun éclat de rire de plus, dune seule exclamation de lun ou de lautre pour passer à côté. A croire que le silence avait choisi de tomber juste à ce moment là…

Cest vrai quil men avait parlé un jour, le vieux Tom. Il mavait dit quil avait un fils et quil ne lavait pas revu, apparemment depuis un bail. Moi qui suis pas très doué pour parler avec finesse de ce qui est sérieux ou de ce qui fait mal, je lai pas vraiment poussé à développer à ce moment là… je me suis lâchement contenté de faire ce quun patron de bar sait faire : lui servir de quoi noyer son chagrin.

Et j’ai continué, tous les jours, des années, des tournées, et des tournées..

Résultat, aujourdhui, je suis incapable de vous raconter ce qui sest passé entre le père et le fils, au temps où le vieux Tom ne hantait pas encore mon bar. De même que je suis incapable de vous expliquer pourquoi il avait son arme ce matin, vu quil avait décidé de plus jamais sen servir le jour où il avait vu ses mains trembler…   Je men souviens très bien : « Suis pas cinglé » il avait dit, « jai pas envie de buter le premier qui passe, je suis trop vieux pour ces trucs là ».

Je crois que enfin …peut-être il allait la vendre. Il en avait parlé une fois…

Mais passer l’arme à gauche, je pensais pas que c’était dans ses projets

22 novembre 2008

Cours de positivisme / Cas pratique n°3,

Publié par ederlezi7 dans Non classé

Vous n’avez plus un sou ?

Surtout, n’allez pas empirer pas votre cas en cherchant des solutions d’emprunt. Soyez constructif, saisissez cette fantastique occasion de lâcher prise et réjouissez-vous du nouveau départ que vous offre la vie. Fini le stress des courses! Enterrée la malédiction du caddie qui avance en biais.

Constatez avec fierté que vous êtes capable de résister à l’achat de choses futiles. Contemplez cette personne lumineuse, humble et vertueuse, affranchie de toute emprise matérielle. Cet être meilleur, c’est vous.

Admirez-vous sans réserve, la jouissance narcissique est une sensation merveilleuse dont vous auriez tort de vous priver. L’ivresse qu’elle procure peut tromper la faim quelques temps.

Un bon truc mental qui mange pas de pain, ça tombera bien pour les plus audacieux qui auront renoncé au pain…  A ces combattants de l’extrême, je dis continuez ! Et abusez de la fierté.

22 novembre 2008

Cours de positivisme / Cas pratique n°2

Publié par ederlezi7 dans Non classé

Licencié, NE DEPRIMEZ PAS ! !

Vous n’êtes pas sans savoir que le taux de suicides au travail est en constante augmentation. Vous, vous êtes un chômeur en vie. Un type bien qui fait baisser les statistiques. Personne ne pense à vous le dire mais soyez-en sûr, le moral des français vous doit beaucoup.

22 novembre 2008

Cours de positivisme / Cas pratique n°1

Publié par ederlezi7 dans Non classé

Libérez votre esprit de son addiction au malheur, acceptez de voir les choses sous un angle optimiste.  

Exemple :

Le chien qui vient de vous déchiqueter le bras n’est pas forcément la brute abjecte qu’il semble être de prime abord. Envisagé différemment, ce pourrait être la main charitable qui vous a sauvé in extremis d’une mort atroce. Pouvez-vous prouver de manière irréfutable que nous ne vous apprétiez pas à périr sous les roues d’un chauffard ivre, au moment où le chien a surgi sur votre route? Pouvez-vous l’affirmer avec certitude?

Non. 

Donc, essayez plutôt de visualiser la scène macabre que vous a épargné le chien. Détaillez les badauds rassemblés autour de votre dépouille, cet amas grotesque et désordonné, de grands et de gros, de chauves et de boutonneux, tous inexplicablement attirés par l’odeur, l’âcre fumée de fer, les relans de sang ; leurs yeux se promènent sur l’horreur, mais dans la foule personne ne vous pleure, personne ne souhaite voir se réveiller le cadavre difforme et sanglant que vous êtes devenu…. Et comme vous n’êtes plus, vous ne pourrez plus vous défendre de ce qu’ils vont faire de vos restes : pour celui-ci, le fait divers qui meublera la conversation entre Plus belle la vie et Thalassa, pour celle-là l’excuse pitoyable qu’elle bafouillera à celui qui la dégoûte mais qu’elle n’ose pas quitter ( « après ce que j’ai vu, tu vois, j’ai pas vraiment envie »…) . . .  

C’est ça, la version sans pittbull.

Après vous en être soigneusement imprégné, les plaies que vous considériez avec rancoeur et dégoût vous sembleront un peu moins disgrâcieuses, et chose incroyable, vous aimerez les bêtes d’un amour sincère. 

Mais si votre esprit dénaturé par des années de cynisme fait de la résistance, songez à présent aux individus qui paient cher et tolèrent fièrement d’horribles souffrances POUR se faire raturer le corps. Songez aux tatoués, qui appellent la souffrance de leurs voeux pour connaître l’ivresse de la mutilation. D’un point de vue esthétique, morsure ou tatouage, c’est à peu près la même chose. Certes. Mais Vous, vous êtes une victime courageuse, pas un inquiétant masochiste qui jette l’argent par les fenêtres. La différence, c’est Vous. La différence, c’est votre incontestable supériorité morale. 

Conclusion, soyez fier de ce que vous êtes : un être sain, équilibré et puisque vous êtes très chanceux, un veinard protégé par la race canine.

20 novembre 2008

Hommage à quelques illustres inconnus…

Publié par ederlezi7 dans Non classé

Je rends hommage à :

  •  P. Trulsen, champion olympique de curling en 2002. La passion de cet homme pour le maniement de la balayette a quelque chose d’émouvant.

  • Mon voisin du premier, qui habite en réalité tous les couloirs de tous les étages.

Tout en lui n’est qu’ antipathie, aigreur et sournoiserie.

Ce qui en fait quelqu’un d’exceptionnel, c’est sa capacité à ne réveiller en moi aucune sympathie, pas la plus petite pointe de pitié, en dépît du fait :

  • qu’il boîte,

  • qu’il porte toute l’année, nuit et jour, la même robe de chambre défraîchie

  • qu’il est très très vieux (A la béance de sa bouche, je dirais qu’il n’a plus assez de souffle pour faire trembler ses 80 bougies. Pour être tout à fait cruel, si une chose devait s’éteindre bientôt, je parierais justement sur son souffle)

 

  • L’inventeur du P.Q, que je nommerai faute d’avoir pu retrouver sa trace, « Mr P.Q« 

Grâce à Mr P.Q, on continue d’étaler notre merde au lieu de sombrer dans l’hygiénisme le plus extrême, probablement parce que l’expérience à prouvé que cet ersatz d’hygiène était plus rapide qu’une vraie toilette (je veux dire avec de l’eau et du savon)

Mais moi, je m’autorise à voir dans cet acte anodin une petite révolte contre l’obscurantisme hygiénique, un petit reste de loyauté envers nos ancètres qui étaient – je me permets de le rappeler – beaucoup moins superficiels. Eux ils devaient chasser, violer leur femme et survivre à la guerre du feu, alors vous pensez si l’hygiène les empêchait de dormir!

Bien sûr, la plupart d’entre nous préfèrent croire obstinément que c’est bien élevé et propre d’utiliser du P.Q.  La preuve est dans le vocabulaire : on dit pas qu’on « étale », on dit -du bout des lèvres- qu’on « essuie ». Alors que, y a pas à chier, on étale. Et vous qui rechignez à l’admettre, vous qui minaudez en vous lustrant les ongles ou en vous passant de la lingette sous les bras trois fois par jour, vous aussi, aux WC, vous étalez. Quant aux snobs qui utilisent du P.Q parfumé …

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Amelie Lallement |
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